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Crise USA-Venezuela: Trump recevra l'opposante Machado, libération de détenus politiques
information fournie par AFP 13/01/2026 à 00:28

Des proches de détenus consultent leurs téléphones portables en attendant des nouvelles de la libération de prisonniers, devant la prison d’El Rodeo I à Guatire, dans l’État de Miranda, à une trentaine de kilomètres à l’est de Caracas, le 12 janvier 2026 ( AFP / Federico PARRA )

Des proches de détenus consultent leurs téléphones portables en attendant des nouvelles de la libération de prisonniers, devant la prison d’El Rodeo I à Guatire, dans l’État de Miranda, à une trentaine de kilomètres à l’est de Caracas, le 12 janvier 2026 ( AFP / Federico PARRA )

Le président américain Donald Trump va recevoir jeudi la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix Maria Corina Machado, au moment où les libérations de détenus politiques au Venezuela se poursuivent au compte-gouttes.

Le président américain a laissé entendre qu'elle pourrait lui remettre sa distinction, alors qu'il l'a écartée pour le moment des responsabilités au Venezuela, préférant traiter avec la présidente par intérim Delcy Rodriguez, l'ancienne vice-présidente de Nicolas Maduro capturé le 3 janvier.

Dimanche, il s'est même dit ouvert à une entrevue avec Mme Rodriguez, estimant que son administration travaillait "vraiment bien" avec Caracas. A la question de savoir s'il prévoyait de la rencontrer, Donald Trump a répondu aux journalistes: "A un moment donné, je le ferai".

La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a une nouvelle fois défendu ce choix lundi: "Le président et son équipe de sécurité nationale ont fait une évaluation réaliste de ce qui se passait sur le terrain au Venezuela et leur décision s'est avérée être la bonne", a-t-elle affirmé dans une interview à la chaîne Fox News.

Mme Machado a de son côté été reçue en audience par le pape lundi. Dans un communiqué sur les réseaux sociaux, elle a estimé, insistant à nouveau sur le rôle américain, qu'avec "l'accompagnement de l'Eglise et la pression sans précédent du gouvernement des Etats-Unis, la défaite du mal dans le pays se rapproche".

Elle a aussi "demandé (au pape) d'intercéder pour tous les Vénézuéliens qui ont été enlevés ou demeurent disparus".

Le gouvernement vénézuélien a annoncé 116 nouvelles libérations lundi. Mais les familles s'impatientent devant la lenteur du processus, entamé le 8 janvier avec une promesse de remises en liberté faite par les autorités sous la pression américaine.

- Nominations -

Mme Rodriguez négocie sur plusieurs fronts avec Washington, qui souhaite profiter des immenses réserves de pétrole vénézuéliennes.

Son gouvernement a décidé d'entamer "un processus exploratoire" en vue de rétablir les relations diplomatiques avec les Etats-Unis, rompues depuis 2019, tout en répétant qu'il n'est pas "soumis" à Washington. Donald Trump affirme lui que Washington est "aux commandes".

Son gouvernement s'est par ailleurs dit prêt à entamer un "nouvel agenda" avec l'Union européenne à l'issue d'une réunion "franche" avec des diplomates de l'UE lundi, après des années de tension et de sanctions.

Mme Rodriguez a aussi procédé à deux nouvelles nominations -deux militaires- dans les cercles du pouvoir.

Le capitaine Juan Escalona, ancien membre de la sécurité de Maduro, a notamment été nommé ministre du Secrétariat de la Présidence. Il faisait partie du premier cercle de sécurité de Maduro, qui a été capturé avec son épouse, Cilia Flores, au terme d'une opération qui a vu quelque 55 militaires, dont 32 Cubains, tués sur un total d'au moins 100 morts.

- Cinquantaine de libérations -

Les libérations de prisonniers politiques "s'inscrivent dans le cadre de la révision intégrale des dossiers, initiée volontairement par le président constitutionnel Nicolas Maduro Moros. Ce processus s'est poursuivi sous la direction de la présidente par intérim Delcy Rodriguez, dans le cadre d'une politique axée sur la justice, le dialogue et la préservation de la paix", explique le ministère

Malgré ces affirmations, les libérations semblent faire partie des concessions accordées à Donald Trump.

Les ONG recensent une cinquantaine de nouvelles libérations depuis jeudi, dont deux Italiens. La Première ministre italienne Giorgia Meloni a salué sur X "la collaboration constructive" des autorités vénézuéliennes.

Sur un total estimé de 800 personnes détenues pour des motifs politiques, seules environ 50 semblent être sorties de prison à ce jour, selon la Mission d'établissement des faits des Nations Unies sur le Venezuela dans un communiqué, réclamant la libération de tous les prisonniers.

- "Quatre jours à souffrir" -

Des proches de prisonniers, enveloppés dans des couvertures, attendent des nouvelles sur la libération de détenus, devant la prison El Rodeo I à Guatire, à une trentaine de kilomètres de Caracas, le 12 janvier 2026 ( AFP / Federico PARRA )

Des proches de prisonniers, enveloppés dans des couvertures, attendent des nouvelles sur la libération de détenus, devant la prison El Rodeo I à Guatire, à une trentaine de kilomètres de Caracas, le 12 janvier 2026 ( AFP / Federico PARRA )

Des proches de détenus ont installé lundi un campement devant la prison de Rodeo 1, à une trentaine de kilomètres de Caracas. La police a menacé de démanteler toute installation.

Une quinzaine de tentes s'étendent sur deux rangées derrière une banderole "Libérez tous les prisonniers politiques". L’ONG Comité pour la Liberté des Prisonniers Politiques a fourni des tentes et 25 matelas.

Des habitants du quartier apportent régulièrement des déjeuners, des jus et du café. L’un des vendeurs de nourriture permet aux familles d’utiliser l'électricité.

Le père de Jose Daniel, Manuel Mendoza, venu de l'Etat de Yaracuy, à 6 heures de route, s'impatiente: "S’ils (le pouvoir) ont fait le pas de proposer la libération de tous les prisonniers politiques, nous demandons seulement qu’ils tiennent parole. Cela fait déjà quatre jours que nous attendons à la belle étoile".

5 commentaires

  • 02:36

    Opportuniste certes. Mais elle a reçu son prix Nobel pour lui donner une certaine légitimité en cas de changement de régime. Mais il s'avère qu'elle n'a aucun soutien sur le terrain au Venezuela, et son enthousiasme à annoncer qu'elle vendrait le pays au rabais aux US si ceux ci la mettaient au pouvoir est devenu embarrassant.


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